Articles for December 2006
Échanges 2
1 December 2006
4
— Voilà, monsieur, je vous en prie, asseyez-vous…
— Merci Monsieur! Mais ça va, ça va, restez assis.
— Mais allez-y, je vous en prie. Je descends bientôt de toute façon.
— Ah monsieur, vous êtes trop aimable. Merci.
— Oh vous savez, tout le plaisir est pour moi.
— Bonsoir monsieur.
— Bonne soirée à vous, cher monsieur.
Y’a rien de plus beau que de l’extrème politesse entre étrangers. J’ai toujours envie d’arrêter l’autobus et payer des verres à tous ces braves citoyens civiles.
5
J’ouvre la porte de mon immeuble et la facteur, gros bonnet sur la tête, est accroupie en train de remplir les boîtes aux lettres de la rangée du bas. Je lui dit:
— Bonjour, avez-vous déjà rempli ceux du haut?
— Oui. À moins que vous voulez m’assomer…
— Um… non, pas spécialement. (de quoi elle parle?)
— Parce qu’en ouvrant le casier, j’m’aurais cogné la tête.
— Oh, ok! Non, non. (Pas certain. Avec le casque de poil que t’as…)
Courte pause. Je prends mon courrier ma pile de pubs et j’enchaîne l’échange:
— Je croyais que vous faisiez référence aux facteurs qui se sont fait agresser et voler leurs clés cette semaine...
— Oh oui! Ça, c’est vrai, hein! Et vous savez c’est qui? On sait c’est qui, nous.
— Um, ah oui?
— C’est des nouères.
— Ah.
— Oui, toutes les même, y’en a deux pas loin par là... (elle pointe vaguement vers le sud)
— J’croyais que c’était plutôt du côté St-Michel…
— Ah oui, euh, mais c’est juste icitte. C’est parce que c’est la même run. Faque ils l’attaquent icitte, pis quand un autre facteur prend la relève, ils l’attaquent par là bas…
— Mmm. Et bien, non madame, je ne voulais pas vous assomer. Bonne journée. Et faites attention dehors, les trottoirs sont glissants. Et y’a pleins de noirs aussi.
FYI: right now, this instant - II
1 December 2006
Actuellement, le 1er décembre 2006 à 16h19, à Montréal, coin Papineau et St-Zotique, il pleut, ça gèle, il pleugèle. Sauve qui pleut.
Et en plus, là, il neige!
3 December 2006
Alleluia. Le ministre du Développement économique, Raymond Bachand, a déposé un projet de loi permettant aux épiceries de compter sur plus de quatre employés jusqu’à 20h00 les samedis et dimanches. Ça va finalement nous éviter d’avoirs des conversations comme ceci:
— Chéri, mais où, à 17h un samedi, vas-tu comme ça?
— Manon darling, j’vais juste à l’épicerie acheter du cheezwhiz pour accompagner notre souper tantôt.
— Oh, bonne idée! Tiens prends le sac de voyage. En plus du paquet de carte et du journal d’aujourd’hui j’y ai rajouté un yoyo, la compilation 1998-2006 de tous les sudoku, un casse-tête 2000 morceaux d’un cygne dans la neige et une copie de Guerre & Paix.
— Merci darling. C’est vrai que les files sont longues à l’épicerie la fin de semaine.
Qu’est ce qui était plus excitant hier?
La course à la direction du parti libéral du Canada ou la game Montréal/Toronto?
Pour ma part, c’était la course Dion/Ignatieff/Rae que j’ai écouté d’un oeil et de l’autre oreille, dormant entre les résultats de chaque ronde. Je n’aurais jamais cru qu’un congré libéral pouvait être si excitant. La analyses des stratégies des candidats et les dilemmes de la victoire de chacun versus la santé global du parti n’arrêtaient pas. Mais là, avec Dion, j’en sais rien. Sera t’il le prochain premier ministre? Faudra voir. Mais la salle des nouvelles ne chômera pas de sitôt. En plus Dion a une de ces têtes de “je-ne-sais-pas-si-je-suis-heureux”. Comme s’il n’avait jamais appris à gérer ses émotions physiquement. As-t’il même des muscles faciaux? J’en doute. J’en doute vraiment.
— On a gagné!!!
— Hein! On a gagné! Quoi? Qu’est ce qu’on a gagné?!
— La game! 4-3 en fusillade! Pis c’est fuckin’ Souray qui a scoré le but gagnant! Souray!
— Oh ok, ok, je comprends. C’est dans le genre “on a gagné” où “on” n’inclut ni la personne qui parle, ni les personnes à qui il parle, mais une trentaine de millionaires au centre-ville. Moi, j’ai rien gagné à soir.
— Souray, man! C’était ma-lade!
Hippoporizontalité 4
4 December 2006

On s'aime... (Oh oui !)
7 December 2006
C’est mon frère qui a eu la merveilleuse idée. Il y a deux semaines, il a envoyé à tous les membres de notre chère famille, un texte de 2 pages intitulé On s’aime… (Oh oui!) dans lequel il pose une réflexion critique face à la grandissante commercialisation de Noël. Dans ce texte, il questionne la pression de consommation excessive et forcée à l’approche de Noël. Il questionne la cohérence d’acheter des produits par amour de son prochain lorsque ce sont souvent ceux qui les ont fabriqués ces dits produits qui ont besoin d’aide. Il questionne la pertinence d’acheter des choses qu’on a pas vraiment besoin juste par simple conformité. Il se demande pourquoi nous sommes si insatisfaits de la vie qu’on mène qu’on doit se résoudre et s’affoler à courir les magasin et dépenser des fortunes pour se rendre heureux. Et Dieu en plus, à travers tout ça, il est passé où? N’existe t’il pas un peu plus de profondeur spirituelle et intellectuelle à Noël que des listes de cadeaux? Daniel est plein de questions et il en est dégoûté :
Je n’ai pas besoin de cadeaux tout propres qui sortent fraîchement des magasins en décembre. J’ai besoin d’un entourage qui réfléchit un peu.
Et comme de fait, une décision à été prise. Donc cette année, chez les Demay, le 25 décembre, il n’y aura aucun cadeaux sous l’arbre de Noël. Et vous n’avez aucune idée comment ça fait du bien.
Hippoporizontalité 5
8 December 2006

Oui oui, eric aime toujours les lignes droites.
Ça commence fort...
12 December 2006
T’es designer quand tu commande ta viande au comptoir de charcutrie en employant des termes de shop: J’vais prendre 200 grammes de jambon forêt noir coupé à 1/16” fort et un douzaine de tranches de salami génois coupé large, genre 1/4” faible.
Entendu la semaine passée dans un souper gastronomique végétalien (oui, oui):
Q. How many hipsters does it take to change a lightbulb?
A. Oh, it’s a pretty obscure number, you’ve probably never heard about it.
Et celle là c’est de ma p’tite tête et je vous conseille d’accueillir les jeux de mots poche à oreilles bien ouvertes si vous voulez être heureux dans la vie:
Q. Comment t’appelles ça un urbaniste pakistanais?
A. Un Turbaniste.
Échanges 3
14 December 2006
6
Moi et un gars au bureau:
— As-tu vu le film Groundhog Day?
— Oui, j’pense que je l’ai vu comme mille fois.
7
À la petite épicerie du coin, cliente et caissière jasent:
— Ah moi si j’étais végétarienne, j’aurais aucun problème à manger du poisson, c’est tellement laitte un poisson.
— J’savais pas que t’aimais ça le poisson…
— Ah, mais j’en mange pas. J’haïs ça le poisson. Mes enfants y aiment ça, mais moi j’en fais pas. Ils mangent ça ailleurs.
8
Une bonne femme s’en prend à la chauffeuse d’autobus:
— J’te le jure qu’on va se recroiser!
— Oui, oui. Bonne soirée madame.
— Ça fait 10 ans que je suis abonnée à la STCUM 12 mois par année!
— Bonne soirée madame.
— On va se recroiser, j’vous l’jure.
— C’est ça. Joyeux Noël.
9
À l’autre petite épicerie du coin, caissière et caissière jasent:
— Pis après mon shift, j’vais faire une p’tite sieste pour être en forme pour le Bingo à souère.
— Tu joues au Bingo toé?
— Yep. Tous les samedis à 10h30. Le gros lot c’est 1500$. J’l’ai déjà gagné tsé.
10
Moi et le même gars au bureau, suite à un débat sur l’emballage du sel:
— On devrait se partir un club de débats.
— Bonne idée… Et ce sera moi le président!
— Non, ce sera moi!
— Pourquoi toi?! Pourquoi pas moi!
— Avance tes aptitudes et habiletés qu’on en débate.
Quand le 7 du 5 à 7 prend le bord
18 December 2006

Tu arrives au bistro vers 17h30, directement du boulot. Tu t’y présentes avec en tête quelques idées à discuter avec ton associé/ami/parter in crime. Tu t’attends à ce que une heure plus tard, après une pinte et un café, ce sera réglé. Tu réviseras le tout dans ta tête au retour, un bon p’tit souper puis hop dodo parce que t’as un entraînement le lendemain matin. Mais qu’arrive t’il lorsque tu arrives au bistro et comme par hasard deux de tes amies de l’université y sont déjà. L’une d’elle est même serveuse au dit bistro et doit travailler un peu plus tard. On en profite pour discuter, divaguer, délirer. Les pintes ne cessent de se remplir, les langues sont vachement déliées. Une montagne de nachos rococo pour tenter un équilibre. Ah, en plus, tiens pourquoi pas, c’est ce soir même la fête du 10e anniversaire du bistro. Tous les heureux hasards pour une parfaite virée. Évidemment, sans que tu t’en rendes compte, il est presque minuit, t’es chaud, t’as pas vraiment soupé et tu te demande où est passé le temps. Dans ces conditions, le meilleur truc est de laisser préalablement sur la table un papier et un crayon afin que la soirée soit notée par tous ses acteurs. Tu te rappelleras alors, le lendemain matin avec ta fine gueule de bois, que cette soirée était belle et bien pures niaiseries et bien plus profitable qu’un p’tit souper chez vous et un dodo bien sage.
- Annotez les images flickr ici et ici.

Joyeux Noël Gros Porc
19 December 2006
Qui trouve mieux comme carte de Noël?
Échantillons Exchitants
20 December 2006
Au travail j’ai la chance de voir régulièrement passer sous mes yeux des échantillons de matériaux les plus divers. Vous n’avez aucune idée de l’excitation qui me prend à la vue d’une nouvelle tuile de plancher synthétique ou d’un fini mural quelconque. En échantillons, ces matériaux sont sous leur forme la plus pure (non appliqués, ils sont hors de tout contexte et contraintes) et évoquent en moi la carte blanche —full blanche— des inombrables possibilités de création. Je peux vraiment tripper à imaginer pleins de projets fous avec comme piste de départ ces matières. Ici, des tissus néerlandais pour des fauteuils (Design: Paul Smith, Ela Jongerius):




La très agréable légèreté de l’être
23 December 2006
Cette légèreté m’a épris dès 17h hier soir. Le poids des responsabilités quotidiennes me fut enlevé. Cette lourdeur de la routine, ce fardeau du travail, cette densité des efforts soutenus semaines après semaines. Poof. All gone. Yippee.
J’exagère, je le sais, mon quotidien n’est pas désagréable, loin de là. Lourd ne veut pas dire déplaisant, seulement chargé. Mais adoucir cette déclaration atténuerait le contraste émotionnel réel de réaliser qu’on est en vacances pour deux grandes semaines.
Et je sais que je ne suis pas le seul. Le voyage Montréal-Ottawa en autobus cet après-midi me révélaient que 49 passagers sur 50 voyageant Greyhound étaient comme moi : content d’être en vacances mais tout simplement trop fatigué pour célébrer. Bercé par le ronronnement du moteur, la sieste s’imposait naturellement. Celle qui ne dormait pas avait les yeux rivés vers son laptop qui jouait un film de danse contemporaine. Puis un soap latino avec des docteurs et des infirmières. Whatever.
Je suis arrivé à la maison familiale. J’ai pris le temps de constater les nombreux changements réalisés à la maison (parce que c’est quand on n’est plus là que ça change le plus). J’ai traité ma première urticaire arrivée de je ne sais où. Un tour dans le nouveau spa (un des bons changement), un film puis dodo.
Sweet dreams my friendzzz…
Joyeux Noël
25 December 2006

Ici, c’est assez relax. J’écoute des films, joue au scrabble, prends des photos, lis, mange et dors. That’s pretty much it. Vive les vacances. Et j’ai plein de p’tits cadeaux quotidiens pour vous les amis. Au menu cette semaine chez hippopocampe: festin de photos. Joyeux Noël.
Night watch
26 December 2006

Je me suis mis à la photographie de nuit. Voici un premier résultat. Cette photo a été prise chez moi à 2h du matin. J’ai laissé l’objectif ouvert pour 15 secondes, ce qui donne le temps à l’appareil d’aller chercher les détails dans la noirceur la plus complète. Rien n’est retouché, c’est l’exposition et l’absence de couleurs qui donne ces tons sépia. Ce que j’aime la nuit c’est la méthode empirique imposée à l’approche photographique. On place la caméra, on voit pas grand chose dans le viseur, on appuie su la détente puis on attend. 15 secondes pour l’exposition, puis un autre 15 secondes pour que l’appareil “compile” la photo. Tu regardes ensuite l’aperçu sur l’appareil, ajuste les temps d’exposition puis tu recommences. Cette photo à été prise à l’intérieur, mais c’est encore plus trippant d’aller se promener dehors pendant que tout le monde dort.
Le Troquet
27 December 2006
On a tous un café/bistro/bar fétiche de son adolescence. Un endroit avec lequel on a grandi, un café ou une pinte de rousse à la main et ses amis à ses côtés. On l’a vu changé comme il nous a vu changé au fil des saisons, des sessions, des blondes, des amitiés, des années. Dans mon cas, il s’appelle Le Troquet. C’est dans le vieux Hull près de la promenade du Portage, noyau des soirées en ville à Hull. Et encore aujourd’hui, je peux m’y présenter un mardi soir à la fin decembre et y rencontrer comme par hasard plein de vieilles connaissances, des amis d’amis, des vieilles peaux, des vieux de la vieilles, et célébrer comme quand on avait 17 ans.
Végétaliens power: Chelsey et mon p’tit frère Daniel.





10 choses qui sont vraies
28 December 2006
Un cadeau de Noël pour Nicolas Langelier. Ça l’aidera à compléter sa chroniques de 10 000 choses qui sont vraies:
- 1. On ne sors jamais de l’épicerie avec seulement ce qu’on avait en tête en entrant.
- 2. On adore tous rencontrer un étranger (l’ami d’un ami par exemple) qui connaît déjà notre nom. Ça vient du simple fait qu’on aime se sentir populaire et important.
- 3. On a tous au grand minimum un ami qui est parti en Amérique du Sud pour plusieurs mois. Ça m’étonne qui’il ne vendent pas de Boréale Rousse la bas, vu le nombre de québécois qui s’y retrouvent.
- 4. En regardant des feux d’artifices, on se demande constemment avec anticipation “Là, est-ce que c’est la finale?”
- 5. Au Scrabble, la moitié des joueurs se plaignent des mauvaises lettres pigées et l’autre moitié inventent des mots à tour de bras.
- 6. Le nombre de livres ajouté à son poids corporel pendant la saison des fêtes est directement proportionnel aux nombre de jours de vacances et indirectement proportionnel au désir de reprendre la routine.
- 7. Contrairement à ce qu’on croit lorsqu’on a 17 ans et des fausses cartes, les portiers des bars (aussi appelés bouncers ou videurs) ne connaissent pas les signes du zodiac et ils sont pourris en calcul mental. Ils te demande ton signe afin de gagner du temps pour calculer ton âge.
- 8. C’est encore aujourd’hui toujours plus socialement acceptable de dire “J’m’en vais fumer” que “J’m’en vais chier”. Pourtant c’est des millions de fois moins naturel.
- 10. Il y a toujours un maudit item manquant lorsqu’on tente de faire une liste énumérée.
Ben Roger
29 December 2006






On ne le voit plus aussi souvent. Peut-être une ou deux fois par année si on est chanceux. Franco-ontarien avec un héritage paternel écossais, il étudie maintenant les beaux-arts à Nice depuis 2 ans. Il vient d’entreprendre des cours d’allemand afin de réussir les examens d’entrée pour les grandes écoles d’art en Allemagne. Peintre et poète, il est évidemment fin connaisseur de tabacs et de bières. Il est aussi d’habitude beaucoup plus discret, mais son frère (homme de théâtre) lui criait des poses à prendre de l’autre côté de la table.
Ça sent la moutarde
30 December 2006
Hier soir, spectacle de chansons à répondre à la salle communautaire annexé à l’aréna du village de Ste-Céclie-de-Masham. J’ai vraiment trippé, c’était probablement la meilleure soirée des vacances jusqu’à date.
- Manteaux de ski-doo, chemises de chasse, budweiser et labatt bleue, moustaches, jeunes adolescentes agaces, vieux croutons qui en bavent: IN.
- Anonymat, bon goût, français international: OUT.
- Tapage de mains, swinger la companie, vin de dépanneur comme prix de présence, être le cousin de tout le monde présent: IN.
- Un minimum d’intimité lorsqu’on pisse: OUT.
Mon voisin d’urinoir, Ski-Doo-Power, scrute mon profil:
— T’es pas un p’tit Gauvreau toé?
— Euh, non.
— Ou un Fleury?
— Non.
— Ou un des Beaudoin?
— Non, non.
— Tu viens de où?
— De Chelsea.
— Ah, c’pas si pire, c’est pas trop loin. Qui tu connais icitte?
— C’est Pat Bob, un bon ami à ma soeur. Y’est sur scène ce soir…
— Ohhh! Le p’tit à Serge Meunier! Fallait le dire, vieux!
Night watch II
31 December 2006


