Retour aux sources
26 November 2008
Il n’y a rien de mieux que manger de la nourriture dont tu connais la provenance, la façon dont elle a poussé, son alimentation, les traitements parcourus avant d’atterrir dans ton assiette. L’obscurité de la provenance et les transformations de plusieurs produits me laissent bien perplexe et peu enthousiaste à leur égard; la section congelée de produit pré-faits à l‘épicerie me dégoûte de plus en plus.
Des amis à moi ont accès à du lait cru [bio*]. Ils vont chercher plusieurs litres toutes les deux semaines. Hebdomadairement, ils croisent également un ami qui s’est mis, depuis un an, à la culture d’oeufs: de ce fait, chaque semaine, ils achètent aussi de ses oeufs [bio*]. Et pour compléter la boucle, ils ont trouvé une ferme pas très loin de chez eux qui offre du boeuf grass-fed [et bio*] à un prix équivalent à ce qu’ils offrent à l‘épicerie.
De retour à la maison, on peut non seulement se faire des omelettes d’oeufs frais et locaux (garnies de persil du jardin et de saucisses de boeuf local), mais avec la crème du lait cru, on peut aussi se faire de la crème fouettée, du beurre (!) et de la crème glacée (!!) – le tout entièrement naturel, riche, sans agents de conservation. Cut the middle man, it’s from the cow to me. En plus de la richesse alimentaire des produits naturels (ou disons l’inverse, de leur non-toxicité), il y a aussi la satisfaction de faire et goûter sa crème glacée et son beurre, tous deux très faciles à réaliser à la maison.
C’est une source de plaisir inestimable, celle de connaître d’où proviennent ces produits mais aussi de les cuisiner. Il m’arrive de plus en plus souvent de me lancer dans la cuisine après une dure journée de travail et de prendre le temps de préparer avec attention, soin et respect ce que je vais consommer; sorte d‘équilibre entre le foodkarma et moi.
Lait cru
Leur intérêt pour le lait cru était tout d’abord initié par leur intolérance au lactose. Le lactose est un sucre contenu dans le lait pasteurisé et autres produits laitiers et dont beaucoup de gens (et plus que vous ne le croyez) sont intolérants. Cette intolérance est en grande partie due à l’impossibilité de fournir du lactase, l’enzyme digestive qui métabolise le lactose. Mais cette intolérance est inexistante avec du lait cru qui contient très peu ou ne contient pas de lactose. S’ouvrent à eux lait, fromage, beurre, crème fouettée, crèmes glacées et toute autre réalisation culinaire à base de lait, produit dont il a fallu se priver pendant longtemps. D’une pierre deux coup, avec le lait cru: tu manges bon, tu manges sainement, tu manges bien.
Cependant, la vente de lait cru est interdite par la loi. La pasteurisation du lait était souhaitable et nécessaire au début du siècle lorsque les méthodes de réfrigération et d’hygiène et les réseaux de distribution n‘étaient pas ce qu’ils sont aujourd’hui, les épidémies se propageaient notamment par la mauvaise conservation des aliments. La pasteurisation a réglé le tout à l‘époque et depuis, avec le temps, elle comble et rattrape toutes les insouciances et raccourcis (engrais chimiques, médicaments, maladies, etc…) que l’industrie peut adopter. Les fermiers n’ont pas cette obligation, cette nécessité de surveiller de près ce qu’ingère la vache puisque que le lait est zappé à la sortie. Ainsi, le consortium de lait pasteurisé est devenu, malgré lui, dépendant de cette loi. Y repose son modèle économique avec ses installations, ses coutumes fermières, les marchés d’antibiotiques, de production du maïs, le sort des animaux, la perception du public. Chose assez désolante parce que les apports nutritifs (et gustatifs) qu’offre le lait cru sont bien plus bénéfiques que néfastes pour tous.
Sachez que je ne cherche nullement à être ambassadeur du lait cru (j’ai bien d’autres crèmes chats à fouetter), mais je vous encourage fortement à questionner l’industrie alimentaire. Prenez un sujet dont vous êtes gustativement passionnés (vous êtes fan fini de foie-gras? de margarine? de miracle-whip?) et explorez-le. Il est très facile de se faire une idée sur la provenance, les méthodes de production, la qualité éthique du produit, et surtout son impact sur la santé.
La nourriture reste l’unique contact avec le monde naturel que nous avons tous quotidiennement: il est simplement important de le conserver.
* Je le place entre crochet parce que je sais bien que ce lait ne porte pas l‘étiquette bio, mais puisqu’il n’y a pas de pasteurisation, l’attention portée aux vaches et ce qu’elles ingèrent (nourriture ou médicaments) est extrêmement surveillée et contrôlée, probablement même plus que du lait pasteurisé bio. L’idée est la même que pour les standards de l’industrie bio. Pour ce qui est des oeufs, c’est sensiblement la même chose, en plus que les poules ne sont pas confinées à des cages. Dur à croire mais les poules pondeuses sont les animaux dont le sort est des plus malheureux parmi tous ceux exploités sur ces fermes de production industrielle.