Berlinpopocampe: One last word
1 September 2004
62 jours et 7000 photos plus tard, il rentra chez lui, satisfait de son voyage.
Il se dit qu’il devra y retourner un jour. Dans 15 – 20 ans, lorsqu’il sera plus vieux et elle, la ville, aussi plus vieille. Voir ce qui s’est construit, déconstruit. Voir comment la ville se sera modifié et adapté à ce nouveau millénaire. Sentir son évolution dans cette grande période de restructurations.
Mise en contexte
J’emploie le mot restructuration ici de façon volontaire et nécessaire car croissance ne serait point approprié aujourd’hui pour Berlin. En effet, elle ne cesse, depuis la démolition du mur en 1989, de rebâtir, repenser et réaffirmer la nature de plusieurs quartiers et sites. Certains de ces sites sont complètement terminés et aménagés (La Chancellerie, Potsdamer Platz) tandis d’autres sont encore au stade des débats de planification (Alexander Platz).

Notons que toutes ces nouvelles interventions tiennent plutôt de l’ordre du monument. On parle de grandes tours de bureaux, de bâtiments politiques, de centres culturels ou sportifs. Et ormis ces exceptions de restructuration et redéfinition urbaine (qui sont en soit des morceaux de puzzle essentiels pour l’avenir de Berlin en tant que capitale d’Allemagne et noyau économique et culturel à l’échelle européenne), que se passe t’il?
Comme ailleurs en Europe et en Amérique, beaucoup d’industries et d’usines quittent le pays pour des contrées moins coûteuses. Cet exode (oriental) a tendance à laisser derriére lui une marque sur la ville ou du moins sur certains quartiers qui souffrent économiquement et démographiquement du départ de ces usines. Les gens trouvent de l’emploi ailleurs : ça quitte et ça bouge, mais le quartier ne grandit pas et ne grandira pas de sitôt. On parle alors de décroissance urbaine.
La décroissance urbaine est un phénomène nouveau et planétaire (Philadelphie demeure le meilleur exemple international). Cependant, il est encore trop nouveau pour y avoir des réponses claires. Après s’être penché sur la question, nous ne pouvons (architectes, urbanistes, designers, politiciens et citoyens) que proposer des scénarios envisageables, mais pour l’instant, ils sont loin d’êtres absolus.
Design Workshop
Et ce fut le sujet de nos réflexions au cours du mois d’août. l’atelier de création avait adopté ce théme comme point de départ pour les projets. Nous avions à réaménager, repenser et redéfinir le quartier proposé tout en tenant compte de ce problème de décroissance urbaine.
Le quartier de Alt-Hohensh&oulm;nhausen était jadis un petit village en périphérie de Berlin. Il fut absorbé par la croissance de la capitale en fin du 19e siécle. La petite quantité d’habitations et de commerces existants de l’époque (et ce, avec leur lot respectif) était alignée suivant une organisation linéaire le long de la voie, formant ainsi un village traditionnel traversé par cette route principale. Aujourd’hui, cette linéarité est encore perceptible : le centre historique (quelques maisons d’antan encore existantes) se concentre le long de HauptStrafle (la route principale). Il y a transformation graduelle en un quartier de maisons unifamiliales au Nord ou en tour d’habitations d’une dizaine d’étages au Sud. Le secteur est aujourd’hui parsemé de plusieurs bâtiments non utilisés : au centre, une école primaire et la structure d’ancien marché qui ne servent plus; à l’Est, plusieurs barres de logements temporaires abandonnées depuis des années; et au Sud-Est, une autre école et un centre de sport.
Des questions : Que faire de tous ces bâtiments vides? La démolition est une réponse peut-être drastique dans un monde où tout ne cesse de croître mais elle est néanmoins valable. Une renaissance (nécessitant inévitablement une redéfinition et une restructuration du cadre bâti) demandera bien du temps et de l’argent mais sera bien plus structurelle au niveau de l’ensemble du quartier. De quoi faut-il tenir compte? Quelle sorte d’intervention urbaine ce quartier a-t-il besoin? Est-ce assez fort pour le tenir en place? En a-t-il besoin du tout? Quels sont les facteurs démographiques et physiques influençant ces changements? Quel sera la résultante de ces changements à l’échelle de la rue principale. À l’échelle du quartier? À l’échelle de la ville?
—Insérer de nombreux débats, discussions, chicanes, caresses et rires ici.

Après avoir travaillé sur notre projet pour 3 semaines, nous les avons présenté écoeuré, à bout et ayant besoin de vraies vacances. Ouf, il était temps. Jamais nous n’avions travaillé avec un site aussi grand et un scénario aussi complexe. l’expérience fut tout de même remarquable et très fructueuse. Je crois que la “fraîcheur” du sujet explique en partie la diversité des propositions élaborées par les équipes. Les 8 projets envisageaient des pistes toutes aussi différentes les unes des autres : allant d’élaborations expérimentales à des réponses plausibles et réalisables.
Plusieurs personnes me demandent si j’ai aimé mon voyage. Le referais-je? Le recommanderais-je aux autres étudiants du programme? La réponse est oui. Ce fut une expérience positive, enrichissante tant au niveau académique qu’à l’apprentissage sur soi. Et plus je partage ce que je vécu là-bas, plus je m’y attache.

BTW, that chair in its exact location spells out “hotspot in the workshop” when you got an airport card in your iBook. I know I did. ;)
Comments [3]
Merci Sophie. C’est vrai ce qu’elle dit en ce qui concerne la vie de groupe: il n’y a pas mieux pour apprendre à connaître les autres et à se connaître.
Il faut dire que jusque là, ces personnes n’étaient que des amis de classes, je n’avais jamais encore vécu (lire : vivre le quotidien) avec eux. Les têtes encore dans les patates au petit-déjeuner. Les discussion sur qui va nettoyer la vaisselle sale et comment la faire. Les sales coups qu’on a pu se faire. Merci Sophie d’avoir fait ce voyage en ma compagnie. :)
